Les nouvelles du bord

Rencontre avec Lisa

Après deux jours sans accès internet pour nous tous, dont les 180 équipiers des 10 bateaux de la Clipper Sea Race toujours à quai à Shelter Bay Marina au Panama, le wifi est revenu, provoquant une ruée vers les claviers. Cela fait trois jours que le départ des voiliers de course est annoncé pour « demain 12 heures ». Ces retards sont généré par l'attente fébrile du nouvel inverseur à installer sur « Gold Coast Australia ». J'espère secrètement que ces décalages se poursuivront, me donnant peut être l'opportunité de réaliser un 1er interview, un 1er plan … la première rencontre de ponton avec une caméra en témoin, donc un échange pas gratuit … quelque chose de prémédité, pour le plaisir de raconter, de partager, et aussi pour commencer à construire le projet reportage et autre. La journée précédente étant oisive puisque sans wifi, nous auscultons avec Yves la caméra et ses accessoires, une Z7. Hier matin, je découvre les bateaux toujours à quai. C'est donc peut être le bon jour et décide de partir avec le matériel vers le salon surement plein d'internautes autour du monde. Je commence par un plan extérieur des bateaux vus de la terrasse avant de poser la caméra sur le pied, dirigée vers une chaise vide. Réglages très basiques … je m'assoie et converse avec ma voisine. Je lui explique rapidement ma demande d'interview, l'association, les projets, les quelques questions que je vais lui poser sur elle et sur sa vision de la Méditerranée. Tout est simple, elle se nomme Lisa, est agréable, généreuse et commence à satisfaire ma curiosité sur l'organisation de cette course et son engagement. Je ne comprend pas en détail ce qu'elle me dit, mais puisque la caméra enregistre, je ne l\’interromps pas. Elle est australienne, parle rapidement, alors j'attrape un mot sur 4…. Elle a son Yacht Master (diplôme international de skipper), fait le tour complet soit 40 000 milles, est sponsorisée pour payer les frais demandés. Finalement, tous les bateaux partent vers le 18 heures, sauf le sien sur lequel on change l'inverseur et « Visit to Finland » pour l'accompagner. Je lui propose de visiter notre bateau qui attire toujours autant l'oeil et la curiosité de tous. Elle accepte avec plaisir. Chose faite, elle découvre aussi mon gâteau au chocolat orange gingembre, et de fil en aiguille, plutôt de bout en poulie, c'est plus marin, elle me propose d'aller à son bord. Là j'hésite à prendre la caméra .. non, mon appareil photo … non plus, je pars libre, pour un merveilleux voyage avec elle sur son bateau. Elle m'explique tout. Mais là, je dois la faire répéter pour comprendre. Elle est totalement « crazy », j'adore, on rit bien ... son projet est après cette course un bateau, 4 tours du monde sans escale en 3 ans. Là, elle est chef de quart sur cette course, me montre son coin, on connecte merveilleusement bien et j'apprend encore pas mal de chose sur cette course, les frais à payer … l'exploitation de l'événement par les villes ou pays sponsors … le temps passe, ils vont vraiment partir ce soir, elle prendra le premier quart et va donc aller se reposer, on reste en contact, nous nous verrons peut être en Australie, on se tient au courant de nos projets, elle a maintenant un contact en Méditerranée et nous en Australie. On s'embrasse. Ce matin, 15 mai, le ponton est vide …


Thalassanté à Shelter Marina Bay Panama côté atlantique.



jeudi 10 mai 2012

Ambiance Marina au Panama

Elle est de taille modeste, entourée d'une belle végétation dans laquelle vivent beaucoup d'oiseaux forts différents et deux alligators. La marina se situe entre un parc protégé et le canal, tout près de la grande entrée en venant par la mer. La marina est une enclave de navigateurs migrateurs qui ont, soit passé le canal, soit qui vont le passer. C'est également un coin où les navigateurs laissent leurs bateaux à terre ou à flot, en bonne sécurité puisque aucun cyclone ne passent par ici.

Nous voici depuis seulement quelques heures à quai et c'est un couple de Suisse attirés par notre arrivée, qui monte à bord. Cela tombe bien, j'ai des beignets « banana panama » tous frais et chauds, un peu de jus de fruit frais, tout court. Les questions sont toujours en première approche : de quels pays êtes vous, d'où venez vous, où allez vous. Et là, lui surtout, se met à nous raconter leur épopée, celle de leur bateau et de leur moteur. Au départ, tout est simple, le bateau est tiré à terre pour quelques travaux et tant qu'ils y sont, ayant une bonne confiance dans le mécanicien rencontré, agent d'une grande marque, ils optent pour le reconditionnement de leur moteur. Un travail de 5 semaines tout au plus … Et voilà six mois, cela fait six mois que le moteur à quitté les fonds du bateau. Il vient enfin d'y revenir, mais les problèmes se poursuivent et ne sont pas du tout résolu à cette heure. Fumée, huile, bruits anormaux, bref, pas sortis de l'auberge ! Depuis toutes ces semaines, on les sent soumis à la grande épreuve de la patience. Ces retards ne sont même pas une excellente occasion de découvrir ce pays, les ingénieurs, mécaniciens, aligneurs, électriciens venant à leur convenance, sans préavis ni respect d'heures classiques.,br>Patience, patience, patience, première qualité d'un marin.

Depuis deux jours que nous arpentons les quais de la marina, cela y est, nous sommes chez nous. Il faut pour cela avoir apprivoisé les lieux qui nous permettent de satisfaire nos besoins, en connaître leurs heures, règles et avoir surtout un ou deux visages sympathiques qui vous reconnaissent. Par ordre d'importance, nous avons le code pour l'accès à internet, les sanitaires, le bar, la machine à laver, les heures de bus pour aller en ville et ici, luxe apprécié, un salon climatisé.

L'ambiance est totalement internationale, tenue par des anglo et hyspanophones tous très avenants. On rencontrent des italiens, australiens, anglais, corses, canadiens, et depuis hier, suédois, finlandais, néo zélandais … avec les bateaux de 68 pieds de la Clipper Sea Race. Je monte à bord du bateau « Visit Finland » invité par un jeune homme suédois dont la « blonde* » est française, normande. Mais, tout se passe en anglais. Remettre les pieds sur un monocoque de course est émouvant. J'adore ces aménagements spartiates, fonctionnels, collectifs, avec ces couchettes cadre qui sont si confortables à la mer. Côté menus, heureusement qu'il pêchent, eux ! ils ont une rotation de trois sortes de plats : pâtes et une grosse boîte de conserve, pâtes et une autre grosse boîte de conserves, pâtes et encore un autre type de grosse boîte de conserve. Fruits et petite réserve personnelle. Les 10 voiliers de cette course d'amateurs sont sur le retour d'un bien grand périple qui les emmènent maintenant à New York, Halifax avant de rentrer sur l'Europe. Le principe est attirant car il permet à tout à chacun de vivre une grande aventure maritime. Il y a un skipper professionnel, environ 8 équipiers qui font tout le tour, Chacun paie sa place et d'après ce que l'on a compris, il vaut mieux économiser. Mais c'est le voyage d'une vie, pour des équipiers qui ont environ entre 25 et 60 ans passés. Mais je vois à l'instant un équipier ayant l'air plus jeune que cela. Je lui pose la question, histoire de ne pas vous raconter n'importe quoi. Levant le nez de son ordinateur, il me réponds avec un grand sourire. Le plus jeune à 18 ans et il n'y a pas d'âge limite. Dans cette édition, un homme de 72 ans a fait les étapes Australie, Nouvelle Zélande et Chine ! Ce genre d'organisation est vraiment très intéressante, l'ambiance qui s'en dégage aussi.
A 18 par bateaux ! c'est tout de même beaucoup, je suis de plus en plus intriguée.

5 pannes pour 150 places de bateaux, cela donne une ambiance familiale. Alors voilà la vie de tous les humains de cette marina qui se juxtapose, de la maman qui fait les cours à ses deux têtes un peu distraites, au monteur d'image de la course, aux employés de

Thalassanté à Shelter Bay Marina.


Lexique québecois : ma blonde, c'est ma compagne. Mon bicycle à gaz,c'est ma moto.




mardi 7 mai 2012

Le vent nous lâche définitivement. C'est donc au moteur que nous parcourrons les 20 milles pour atteindre notre but : le Panama. Il fait encore nuit, mais une nuit de pleine lune. L'odeur de terre est saisissante, voire asphyxiante quand on monte sur le pont. Partout les lumières des grands bateaux au mouillages. L'entrée se fait avec les instruments modernes, le dernier étant la tablette avec logiciel de navigation et position par satellite dans le cockpit. Rien à dire, c'est parfait. Alain ne s'en sépare pas, on commence à comprendre. Nous l'avons bien utilisée pour repérer les étoiles de ces cieux tropicaux. A part les grands classiques que nous retrouvons comme la Grande Ourse, Cassiopée, Croix du signe, Aigle …la polaire bien sûr ... ce logiciel permet de découvrir la carte du ciel en orientant juste la tablette vers le coin de ciel choisit. Evidemment, en cliquant sur le nom d'une étoile ou planète, vous avez toutes les informations la concernant. Epoustouflant, c'est terrible, désarmant et puis cela devient devient habituel. Donc, nous voici passant les deux grands feux vert et rouge de l'entrée de la baie de la ville de Colon. Yves à la barre, Elisabetta et Alain à la navigation, donc à la tablette posée dans le cockpit. On en oublie même le radar qui nous a si bien servit pour repérer les gros grains de pluie la nuit. L'entrée se fait royalement, sans hésitation aucune. Nous savons à chaque instant où nous sommes, quelle est la bouée, la pointe, …. et puis, c'est la pleine lune, la grande amie des navigateurs pour les atterrissages en pays inconnu. Il y a tout de même beaucoup de lumières de cargos au mouillage. Yves change de cap pour éviter l'énorme drague qu'il vient de repérer, tellement grande et proche que nous ne l'avions pas vu. Celle ci éclaire un projecteur devant elle pour se signaler.
Tranquillement, le bateau s'immobilise, cule un peu pour laissertomber l'ancre et 30 mètres de chaîne. 5 heures 35 minutes. Nous voici mouillé ou à l'ancre comme dise les québécois, à l'heure où le jour se pointe et où la lune est encore là. Bientôt, ce sera le chassé croisé des grands astres. Nous découvrons des grands cargos, petits comme énormes porte conteneurs. Ambiance industrieuse, laborieuse, de ces bateaux contenant tous les ingrédients de notre monde actuel, avec des marins de tous pays et toutes conditions. Fascinants contrastes de nature, d'ingéniosité et de folie humaine. Panama ! Quelle histoire !
Puis tout s'endort à bord, je reste à déguster cette lune, ces bateaux, pense aux amis, aux parents et à la France, car aujourd'hui nous sommes dimanche 6 mai … Je suis de quart de cuisine. Je sors les pamplemousses de la ferme d'agriculture biologique de St Martin et les dernières mangues, cela fera une délicieuse salade de fruit fraîche pour le réveil, pour notre dernier petit déjeuner ensemble. Elisabetta nous quittera bientôt pour Venise, Alain pour le Québec. La suite sera une nouvelle histoire.

Thalassanté 9°22,31 N 79°56,45W





Localisation du bateau Thalassanté

Paramètres de navigation
date2012-05-21 02:22:31
meteo
temp25 C
ventWind: E at 4 mph
humiditee89%
conditionLight rain